UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR 1/2 14 G 01A 01
OOFOOIIIIIIIIIIIIIIIIIIII Durée : 4 heures OFFICE DU BACCALAUREAT Série : L2 Coef. 5 Téléfax (221) 824 65 81 Tél. : 824 95 92 824 65 81 Séries : L1a-L1b-L1 Coef. 6
Epreuve du 1 er groupe F R A N Ç A I S (Un sujet au choix du candidat)
SUJET I : RESUME SUIVI DE DISCUSSION
TEXTE : Le romancier négro-africain et la langue française
Le romancier négro-africain est à la recherche su rtout depuis les « soleils des Indépendances » - des modes dexpression pouvant lui permettre de se distinguer du romancier occidental, des moyens de communication susceptibles dimprimer à son uvre un cachet authentiquement négro-africain. Du reste il est à reconnaître que ce nest pas par le choix des thèmes quun romancier nègre parvient à se distinguer de son homologue occidental, surtout du romancier colonial ; son originalité, à notre avis, ne peut résider que dans la manière dappréhender les thèmes relatifs à la civilisation négro-africaine et dans le choix des modes dexpression qui ne divorcent pas davec les valeurs des milieux quil dépeint. [...] Le nombre impressionnant dafricanismes, que nous rencontrons dans la plupart de nos romans, nous prouve suffisamment quil existe, chez nos romanciers, une tentative tantôt timide tantôt agressive de rompre avec le style académique français et un désir avoué ou inavoué de sexprimer dans les langues maternelles. Il ny a rien de plus naturel. Le besoin de communication est un besoin inné chez lhomme ; [...]. Un lien étroit existe indubitablement entre lhomme, sa langue et sa culture. Homme-langue-culture est une seule et même réalité. Devant les contingences et les exigences de la vie, lhomme change et, en conséquence, sa culture senrichit ou sappauvrit ; le meilleur véhicule dune culture étant la langue que cette culture a fait naître, toute modification de la culture modifie la langue ; tout enrichissement ou tout appauvrissement de la culture enrichit ou appauvrit la langue. Lune ne se conçoit pas sans lautre : leur destin est lié. Le besoin quéprouvent nos romanciers de mêler aux éléments de la langue française des éléments des langues négro-africaines est un besoin légitime tant quil ne se confond pas avec le goût pour lexotisme que nous pouvons surprendre chez tel ou tel romancier des premières heures. Le rôle du critique, à notre avis, ne consiste pas, ici, à infliger des condamnations sans appel, mais à examiner du point de vue esthétique les diverses tentatives dinnovation de nos romanciers. Pour nous, la langue française nest rien de moins quune langue demprunt. Cest à elle de se soumettre aux exigences du génie négro-africain. Compte tenu des nombreuses difficultés qui laccablent, compte tenu de la formation quil a reçue à lEcole française, compte tenu de son désir daimer, de comprendre et de protéger son peuple et sa civilisation, vous concéderez bien que le principal héros du roman négro-africain est lauteur lui-même. Il convient de remarquer que celui-ci ne pourra exploiter toutes ses possibilités, ne sacquittera dignement de sa mission et que la littérature romanesque négro- africaine nespérera atteindre son plein épanouissement que le jour où une littérature en langue nationale se développera parallèlement à notre littérature dexpression française ; linfluence quelles exerceront lune sur lautre contribuera assurément à lenrichissement des deux langues. Makhily Gassama, Kuma, NEA, Dakar Abidjan, 1978, pp. 236 - 239.
RESUME : Résumez ce texte en 126 mots. Une marge de 10% en p lus ou en moins est tolérée.
DISCUSSION : Lutilisation dune langue étrangère peut-elle être un obstacle à lexpression de lauthenticité chez lécrivain négro-africain ?
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F R A N Ç A I S 2/2 14 G 01 A 01 Séries : L
Epreuve du 1 er groupe
SUJET II : COMMENTAIRE
Il est tard dans la nuit, Strasbourg a baissé ses paupières, pour dormir ou pour éviter, par pudeur, dobserver lintimité des amoureux et les mélancolies nocturnes. Ce sont toujours ces moments-là que choisit ma mémoire pour dérouler des films tournés ailleurs, sous dautres cieux, des histoires tapies en moi comme danciennes mosaïques dans les souterrains dune ville. Mon stylo, semblable à une pioche darchéologue, déterre les morts et découvre des vestiges en traçant sur mon cur les contours de la terre qui ma vue naître et partir. De faits qui jadis ne retenaient guère mon attention, je compose maintenant mes nourritures dexil et, surtout, les fils de tisserand censés rafistoler les liens rompus par le voyage. La nostalgie est ma plaie ouverte et je ne peux mempêcher dy fourrer ma plume. Labsence me culpabilise, le blues me mine, la solitude lèche mes joues de sa longue langue glacée qui me fait don de ses mots. Des mots trop étroits pour porter les maux de lexil ; des mots trop fragiles pour fendre le sarcophage que labsence coule autour de moi ; des mots trop limités pour servir de pont entre lici et lailleurs. Des mots donc, toujours employés à la place de mots absents, définitivement noyés à la source des larmes auxquelles ils donnent leur goût. Finalement, des mots-valises au contenu prohibé, dont le sens, malgré les détours, conduit vers un double soi : moi dici, moi de là-bas. Mais qui peut se multiplier comme le pain du Christ sans choir des bras des siens ? Et surtout, y a-t-il quelquun pour ramasser loisillon tombé du nid ?
Fatou DIOME, Le Ventre de lAtlantique, Editions Anne Carrière, Paris 2003, pp. 258 / 260.
Vous ferez de ce texte un commentaire suivi ou com posé. Dans le cadre dun commentaire composé, vous pourrez montrer par exemple comment la difficulté à exprimer la nostalgie de la terre natale nourrit linspiration de la romancière et débouche sur une écriture très poétique.
SUJET III : DISSERTATION
En vous fondant sur les différentes uvres littéraires que vous connaissez, commentez et discutez lopinion selon laquelle tout auteur puise dans sa propre vie la matière et linspiration pour composer son uvre.