UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR 1/2 14 G 01 BIS A 01 OOFOOIIIIIIIIOOFOOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII Durée : 4 heures OFFICE DU BACCALAUREAT Séries : S1-S2-S3-S4-S5 Coef. 3 Téléfax (221) 824 65 81 Tél. : 824 95 92 824 65 81 Epreuve du 1 er groupe F R A N Ç A I S (Un sujet au choix du candidat) Esclaves du portable
A lorigine, la communication mobile est, comme dautres avant elle, un besoin créé par les industriels qui fabriquent les téléphones portables. Tout se décide du côté de loffre. Motorola, Intel, Nokia, Sony Ericsson, Samsung, Vodafone, Microsoft, Orange, SFR, Bouygues et bien dautres commercialisent à léchelle de la planète des gadgets et des services sans fil. De prodigieux efforts de développement transforment tous les secteurs du marché : matériel, réseau, systèmes dexploitation, logiciels, etc. La téléphonie sans fil bénéficie dinvestissements massifs, à la hauteur des enjeux : le nombre de portables a déjà dépassé celui des téléphones fixes. Et tout indique que sa véritable explosion nest pas encore advenue. Parce que la multiplication des appareils et des services et le marketing qui la accompagnée ont entraîné une transformation sociale de grande ampleur. Avec une myriade de téléphones nomades dotés de fonctions multiples (calculatrice, montre, jeux, appareil photo, caméra, vidéo, radio, télévision, Internet,. etc.) ; nous voulons communiquer avec le monde entier tout en nous déplaçant. Nous aspirons à ce que les spécialistes appellent : le « contact permanent ». Le monde merveilleux de la mobilité séduit et fascine. Il risque aussi dengendrer le chaos, car, en développant des standards incompatibles, des firmes rivales prennent les abonnés en otage et morcellent le marché, rendant difficile parfois, sinon impossible, lutilisation dun seul appareil pour passer des appels, télécharger des données, consulter Internet, recourir au visiophone... La compétition qui se déchaîne autour des prochaines générations de technologies mobiles pourrait amplifier ces problèmes. Bien quen retard sur lEurope et sur lAsie en matière de téléphone portable, les Etats-Unis sont « en avance » sur le terrain de la guerre commerciale. Car lobsolescence frappe lensemble du marché des portables. Rien quaux Etats-Unis, entre 40 et 50 millions de téléphones sont jetés chaque année. [...] « Les grands opérateurs comme Sprint et Verizon aux Etats-Unis, Vodafone en Grande-Bretagne et Hutchison à Hongkong, note le Wall Street Journal, sarrachent les dernières nouveautés. Seuls les appareils très sophistiqués peuvent accéder aux nouveaux services que ces opérateurs essaient de vendre aux abonnés pour augmenter leurs profits.» Le fabricant qui laisse passer la nouvelle mode risque de le payer cher. [...] Mais le développement des réseaux de télécommunication sans fil dépend aussi de facteurs contingents difficilement contrôlables. Le plus important est laccès à de larges segments du spectre électromagnétique, cette ressource invisible utilisée pour la transmission par satellite et par dautres formes de communication électronique. Cette dépendance est source dinstabilité. En 2000 et 2001, au plus fort de la spéculation sur les nouvelles technologies, des opérateurs pris de panique ont déboursé des sommes colossales pour acheter les fréquences UMTS mises aux enchères par les gouvernements [...], afin dêtre les seuls à pouvoir établir la nouvelle génération de réseaux à haut débit. Les dettes contractées pour ces opérations sont venues sajouter aux sommes astronomiques dépensées dans les rachats de concurrents [...] et ont provoqué le crash de lindustrie des télécommunications en 2001 2002.
Dan Schiller, Le Monde diplomatique, n°611, février 2005.
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Epreuve du 1 er groupe
SUJET II : COMMENTAIRE
Fama à Togobala
Fama Doumbouya, personnage principal de Les Soleils des Indépendances, est revenu à Togobola, capitale du Horodougou, pour les funérailles de son cousin Lancina et la population est venue le saluer.
Et Fama trônait, se rengorgeait, se bombait. Regardait-il les salueurs ? A peine ! Ses paupières tombaient en vrai totem panthère et les houmba 1 ! jaillissaient. Au petit de ce matin dharmattan, au seuil du palais des Doumbouya, un moment, pendant un moment, un monde légitime plana. Les salueurs tournaient. Fama tenait le pouvoir comme si la mendicité, le mariage avec une stérile, la bâtardise des indépendances, toute sa vie passée et les soucis présents navaient jamais existé. Le griot débitait comme des oiseaux de figuiers. Les salueurs venaient et partaient. Soudain une puanteur comme lapproche de lanus dune civette : Balla le vieil affranchi était là. Gros et gras, emballé dans une cotte de chasseur avec des débordements comme une reine termite. Et aveugle : on guida ses pas hésitants de chiot de deux jours et le fit asseoir à la droite de Fama. Des mouches en essaims piquaient dans ses cheveux tressés et chargés de gris-gris, dans les creux des yeux, dans le nez et les oreilles. [...] Lui Balla nétait pas un salueur, un étranger, mais un de la famille Doumbouya, un affranchi qui était resté attaché à ses maîtres, à la libération. On lui reprocha le retard. Il nentendait rien.
Ahmadou KOUROUMA , Les Soleils des Indépendances, 1970, pp. 110-111.
Faites de ce texte un commentaire suivi ou composé. Si vous choisissez le commentaire composé, vous pourrez, par exemple, montrer comment les portraits juxtaposés de Fama et de Balla concourent à la satire des traditions obsolètes.
SUJET III : DISSERTATION
Contrairement à la littérature qui, dit-on, fait rêver, la science, elle, participerait aux progrès de lhumanité.
Vous discuterez ces propos en vous appuyant sur des exemples précis tirés de vos lectures et de votre expérience personnelle.